La sanction est tombée après plus d’un an. Le tribunal correctionnel de Libreville a tranché ce mardi 3 mars dans le différend judiciaire opposant le consultant sportif Freddy Koula Moussavou à Pierre-Alain Mounguengui. S’il s’est montré clément sur la privation de liberté, la cour a tout de même frappé fort au portefeuille en condamnant le journaliste à une amende globale de quatre millions de francs CFA et à six mois de prison avec sursis pour ses propos à l’encontre du président de la fédération gabonaise de football (Fegafoot).
La genèse de cette affaire remonte au mois de février 2025. Sur le plateau de l’émission Grand Sport diffusée sur Gabon 1ère, le consultant de Canal+ Sport s’en était vivement pris au patron du football national. Il l’avait publiquement traité de « piètre dirigeant sportif » et de « minable arbitre ». Des attaques frontales que l’ancien arbitre international n’a pas laissé passer, décidant de saisir immédiatement la justice pour laver son honneur, rapporte L’union.
Une facture salée répartie en deux volets
En s’appuyant sur les dispositions de l’article 286 du code pénal gabonais, la juridiction a lourdement sanctionné ces dérapages télévisuels. Sur le plan purement financier, la note s’élève donc à quatre millions de francs CFA. Le président du club féminin Akanda FC devra d’abord s’acquitter d’une amende pénale de deux millions de francs CFA versée au Trésor public.
À cette somme vient s’ajouter un montant strictement identique, soit deux millions de francs CFA supplémentaires, que le condamné devra reverser directement à Pierre-Alain Mounguengui au titre des dommages et intérêts pour le préjudice moral subi. Outre ces sanctions pécuniaires, c’est bien la peine de six mois d’emprisonnement assortis du sursis qui vient marquer le dossier du consultant.
Une requalification des faits en guise d’avertissement
Au cours de cette audience correctionnelle, le juge a opéré une nuance juridique importante en requalifiant le délit initial de diffamation en celui d’injures publiques. Cette sanction pénale n’est pas anodine : elle signifie qu’une véritable épée de Damoclès plane désormais au-dessus de la tête du dirigeant sportif et homme de médias.
À l’avenir, la moindre incartade verbale ou récidive sur la place publique pourrait s’avérer lourde de conséquences pour lui et faire tomber ce sursis. Cette décision de justice fait également office de mise en garde ferme : elle interpelle chaque justiciable sur l’obligation de mesurer la portée de ses affirmations publiques, rappelant implacablement que nul n’est au-dessus de la loi.





